18 décembre 2007
LES BONAPARTISTES POUR UNE REPUBLIQUE HORS DE LA POCHE DES NANTIS, OU IL ETAIT UNE FOIS NAPOLEON III, Empereur des Français.
Lorsque son élection, d’abord en tant que député, puis en tant que Président de la République , plus tard en tant qu’Empereur des Français, l’a placé sur la grande vague du suffrage universel, le peuple a montré par ses suffrages combien son amour et sa confiance étaient acquis à cet homme qui portait ses espoirs au même degré que les députés de 1850 et 1851 les avaient trahis en supprimant le suffrage universel. Lorsque le troisième Napoléon a mis en place des cités ouvrières, des « fourneaux économiques » (les Restos du Cœur du XIXe siècle), des caisses de retraite, l’assistance juridique gratuite et des assurances contre les accidents de la vie pour les pauvres, il a montré quel gouffre sépare le Bonapartisme des funestes « fumisteries » enfantées par les idéologies réactionnaires des partis.
Nous avons déjà dénoncé les comparaisons « fumeuses » entre certains hommes politiques d’aujourd’hui et nos deux empereurs. Nous dénonçons encore l’emploi abusif du terme « bonapartiste », que l’on voit actuellement attaché à tort et à travers, à des personnages aussi divers que Nicolas Sarkozy, Vladimir Poutine et même Pétain il y soixante-dix ans. Nous dénonçons une dérive ignare qui consiste à dire que le créateur de la Cour des Comptes aurait pu cautionner le gaspillage et la corruption qui sont devenus monnaie courante dans notre République qui ne sera plus aussi Unique puisque « à l’américaine » (et Invisible). Qui voudrait dire que l’homme qui a donné la liberté de culte et l’égalité aux Juifs[4] aurait cautionné le régime de Vichy qui a envoyé 76000 Français de confession juive vers l’Allemagne nazie. Qui signifierait que Napoléon le Grand ou Napoléon III se seraient prosternés devant le Président GW Bush pour s’excuser de « l’arrogance » de la France lorsqu’elle a condamné l’invasion de l’Iraq. Pour dire que ces deux souverains qui disposaient certes de grandes richesses, mais qui n’en gardaient qu’une infime partie pour eux-mêmes[5], aurait augmenté leurs revenus de 300% alors que le prix du pain et celui du logement flambaient. Quel rapport encore entre les secours apportés aux ouvriers et aux sinistrés par nos deux empereurs en personne (notamment lors de l’hiver difficile de 1806 – 1807[6] et des inondations de 1856) et l’absence du président russe lors de la catastrophe du Koursk ? Quel rapport entre la politique actuelle qui consiste à « réfléchir » sur le nombre de SDF et la panoplie de mesures prises par nos deux empereurs pour créer des logements habitables, donner du travail et de la nourriture à un prix abordable pour tous?[7] Quel rapport entre cela et la classe politique de nos jours, qui s’enrichit sur la spéculation immobilière[8] et exonère les grandes fortunes des impôts – ce qui a, et aura pour conséquence d’augmenter le prix du logement et d’alourdir les impôts pour nous, les autres, tout en creusant davantage le déficit de l’Etat? Quel rapport entre stigmatiser « une société d’assistés » (alors que les plus « assistés » sont les fils à papa qui forment la garde rapprochée des jeunes de l’UMP) et relever le pays par le travail certes, mais aussi par le civisme, c’est-à-dire le respect des droits et des devoirs de chacun ?[9] Quel rapport entre « travailler plus pour gagner plus » (toujours plus), tout en encourageant les gens à s’endetter plus pour se ruiner plus vite, à prendre plus de risques (pour mieux plomber les PME) ; et la sagesse qui consiste à encourager les gens à pourvoir d’abord aux réels besoins de leur famille ? Quel rapport entre le candidat à l’élection présidentielle qui se veut défenseur de la famille tout en encourageant l’appât du gain avant la prise de conscience du dérapage des enfants délaissés vers la délinquance ? Qui se veut défenseur des institutions de la République mises en place par les Napoléon alors que nous apprenons qu’un avocat qui faisait la grève de la faim pour protester contre la fermeture de son Tribunal de Grande Instance local vient d’être hospitalisé ? Quelle comparaison entre Nicolas Sarkozy qui refuse de soumettre le mini-traité au référendum, faisant ainsi un coup d’Etat pour l’Assemblée contre le Peuple, et Napoléon III lorsqu’il fit un coup d’Etat contre l’Assemblée et rétablit le suffrage universel pour redonner le vote aux Français ? Quel rapport ? AUCUN.
Le Mouvement des Jeunes Bonapartistes
[1] Idées Napoléoniennes, 1839.
[2] « Quelque soit sa forme, l’essentiel, c’est qu’il travaille au bonheur du peuple »
[3] Napoléon III, de Georges Roux
[4] L’article du général Franceschi et le Napoléon de Vincent Cronin peuvent fournir d’autres sources à ce propos
[5] André Maurois, avant-propos du Mémorial de Sainte-Hélène, Bibliothèque de la Pléiade.
[6] Napoléon, de Vincent Cronin, 1971.
[7] Une liste plus complète des oeuvres de Napoléon III est disponible sur demande à la Société des Amis de Napoléon III. Pour Napoléon le Grand, le livre de Cronin est édifiant.
[8] « Il avait une répugnance naturelle pour les faiseurs d’affaires et ne participait lui-même à aucune ». Avant propos de Maurois cité ci-dessus.
[9] A noter que l’Ecole avait jusque dans les années 1990 le devoir de former des citoyens, et cela depuis le Consulat et l’Empire. Voir le chapitre du Napoléon de Cronin sur la redressement de la France après Brumaire.
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